La précarité énergétique, un enjeu majeur pour les Français

D’après des données datant de 2013, issues de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), il y aurait près de 5,6 millions de ménages français qui seraient concernés par la précarité énergétique et seraient en situation de précarité. Mais quels sont donc ces critères qui permettent d’identifier ces ménages, et quelles sont les mesures envisagées pour y répondre ?

L’ONPE a été créé en 2011 afin de mieux pouvoir cibler le phénomène de précarité énergétique. L’Observatoire se réfère à 4 indicateurs pour qualifier les ménages de « précaires » ou non. Parmi ces indicateurs, trois d’entre eux s’attachent à mesurer les difficultés budgétaires des ménages à s’acquitter de leurs factures d’énergie pour leurs logements (s’ils consacrent plus de 10% de leur revenu aux dîtes dépenses ou si ces dernières sont particulièrement élevées par m² ou unité de consommation). Le quatrième indicateur prend quant à lui en compte le ressenti des ménages qui disent souffrir d’inconfort thermique. A ces indicateurs s’ajoutent les critères de ressources. C’est ainsi que l’ONPE a pu identifier près de 500 000 ménages supplémentaires en situation de précarité énergétique entre 2006 et 2013, qui s’ajoutent aux 5,1 millions de ménages connaissant une situation de précarité énergétique. D’après l’ONPE, près de 20,4% des ménages de son échantillon seraient pour l’heure en situation de précarité énergétique en se basant sur au moins un des critères précédemment cités, constituant « l’enveloppe de la précarité énergétique ». Parmi eux, un million de ménages seraient particulièrement vulnérables et constituent le « noyau de la précarité énergétique ». D’après le portrait-type des ménages en situation de précarité dressé par l’ONPE, il ressort que ce sont les locataires qui disposent des plus faibles revenus qui sont le plus souvent sans emploi et dans des situations d’isolement (personnes seules ou familles monoparentales) et ces ménages se trouvent souvent dans des logements plus anciens, soit consruit avant 1975. Les moins de 30 ans sont les plus concernés.

Ainsi, à partir du 1er janvier 2018, le dispositif du « chèque énergie » devrait remplacer les tarifs sociaux existants en vue d’aider les ménages précaires à payer leurs factures énergétiques et le montant de son aide sera compris entre 48€ et 227€ selon les ressources et la composition des ménages. Toutefois, cette aide paraît encore insuffisante, et l’Ademe estime que pour « sortir » les ménages concernés de ces situations de précarité énergétique, le montant de cette aide devrait se situer entre 526€ et 735€, qui combinées avec les aides à la rénovation de l’Anah par exemple constitueraient une aide suffisante. De plus, une obligation « précarité énergétique » a aussi été rajoutée au dispositif des Certificats d’Economie d’Energie (CEE) pour soutenir les projets menés par les ménages précaires à hauteur de 900 millions d’euros sur deux ans. Enfin, un effort reste à faire pour repérer et informer les ménages en situation de précarité de l’existence  de ces aides et de leurs droits à bénéficier de celles-ci.